Ségur vague 2 : le financement ne passe pas par vous, et c'est là que ça coince

23 septembre 2026. C'est la date limite pour déposer votre demande de financement Ségur vague 2 sur le dossier patient informatisé et la plateforme d'intermédiation. Dans deux mois.

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Gabriel Simon
Ségur vague 2 : le financement ne passe pas par vous, et c'est là que ça coince
Ségur vague 2 : financement dossier patient informatisé

23 septembre 2026. C'est la date limite pour déposer votre demande de financement Ségur vague 2 sur le dossier patient informatisé et la plateforme d'intermédiation.

Dans deux mois.

Si vous dirigez un établissement de santé et que vous vous dites « on verra ça à la rentrée », ce texte est pour vous. Pas pour vous faire peur : pour vous expliquer un mécanisme que beaucoup de directions découvrent trop tard.

Où on en est vraiment

Le calendrier a bougé plusieurs fois, ce qui explique en partie le flou. Il est maintenant fixé.

Pour le couloir hôpital, dossier patient informatisé et plateforme d'intermédiation : dépôt des demandes de financement et de l'avance avant le 23 septembre 2026, réalisation des prestations avant le 22 juin 2027, dépôt du solde avant le 28 septembre 2027. Les guichets de la vague 1 sont tous fermés.

Pour le médico-social, le calendrier est plus long mais il a démarré : l'arrêté du 3 mars 2026 a lancé la vague 2 du dossier usager informatisé, avec une clôture du référencement au 15 mars 2028. Les échéances intermédiaires ne concernent pas les établissements directement, elles concernent les éditeurs. Retenez cette phrase, on y revient.

Le point que presque personne ne vous explique

Le financement Ségur fonctionne selon un dispositif appelé SONS, pour Système Ouvert et Non Sélectif. Voici comment il marche concrètement :

L'argent est versé directement à l'éditeur du logiciel. Pas à votre établissement.

Vous ne recevez pas une enveloppe que vous décidez d'utiliser. Votre éditeur reçoit un financement de l'État pour mettre votre logiciel à niveau, et vous bénéficiez de la mise à jour sans surcoût direct. Sur la vague 1, ces montants allaient de 18 000 euros pour les petites structures à 512 000 euros pour les plus grosses.

Lisez la phrase encore une fois, en dirigeant d'établissement. L'argent public destiné à moderniser votre système d'information transite par votre fournisseur. Votre conformité dépend d'un dossier que vous ne montez pas, financé par des fonds que vous ne touchez pas, sur un calendrier que vous ne maîtrisez pas.

Schéma du financement SONS Ségur : l'argent va à l'éditeur, pas à l'établissement

Ce que ça produit, en pratique

Le raisonnement qui suit est parfaitement logique, et c'est pour ça qu'il est répandu : « puisque c'est l'éditeur qui touche l'argent et qui fait la mise à jour, c'est son sujet, pas le mien. »

Alors on délègue. On attend. On coche une case dans un tableau de suivi ARS.

Et voilà ce qui arrive :

L'éditeur avance à son rythme, avec ses priorités à lui, qui sont nationales et pas les vôtres. Vous découvrez à six semaines de l'échéance que votre version n'est pas référencée, ou que la migration demande une intervention chez vous que personne n'a planifiée. Vous apprenez qu'il faut mobiliser vos équipes en pleine période de tension. Vous signez ce qu'on vous présente, parce qu'il n'y a plus le temps de discuter.

Et surtout : la mise à jour est faite, la case est cochée, mais rien n'a changé dans les usages. Le dossier patient alimente le dossier médical partagé sur le papier, personne ne s'en sert dans les services. Vous êtes conforme et vous n'avez rien gagné.

La vraie cause

Le problème n'est pas technique. Ce n'est pas non plus l'éditeur, qui fait son travail dans les conditions qui lui sont données.

Le problème, c'est que personne, côté établissement, ne pilote le prestataire avec les compétences pour le faire.

Ce n'est pas un reproche aux directions. Un directeur d'établissement n'a pas à savoir lire un référentiel d'exigences, vérifier qu'un éditeur a bien déposé son dossier de référencement, ou comprendre ce que change concrètement l'obligation d'alimenter Mon espace santé. Ce n'est pas son métier. Mais si personne dans l'établissement ne le fait, alors c'est le fournisseur qui décide seul du rythme, du périmètre et de ce qui compte.

Et quand ce fournisseur est à 7 000 kilomètres, avec cinq heures de décalage, qui n'a jamais mis les pieds dans vos locaux et ne sait pas comment vos équipes travaillent réellement, la question devient sérieuse. Un éditeur qui n'a pas appris votre organisation ne peut pas la respecter. Il livre ce qu'il a prévu de livrer.

Ce qu'un établissement peut faire, maintenant

Trois choses, dans cet ordre, et aucune ne demande d'être informaticien.

Vérifiez le statut de votre éditeur. Une seule question à lui poser, par écrit : « où en êtes-vous du référencement vague 2, et à quelle date ma version sera-t-elle disponible ? » Une réponse floue est une réponse. Vous avez le droit de la demander, et vous avez besoin d'une date.

Regardez ce que la mise à jour vous demande à vous. Une migration n'est jamais qu'un sujet d'éditeur. Il y a des paramétrages, des habilitations, des reprises de données, de la formation. Savoir ce qui retombera sur vos équipes, et quand, change tout dans la préparation.

Décidez de ce que vous voulez en tirer. La conformité est une obligation, mais la mise à jour est aussi l'occasion de régler des irritants que vos équipes subissent depuis des années. Encore faut-il les avoir identifiés avant, pas pendant.

Aucun de ces trois points n'est technique. Ce sont des points de pilotage, et ils se traitent avant l'échéance, pas après.

L'ordre des choses

Ma conviction de travail est simple, et elle vaut ici autant qu'ailleurs : on apprend le métier avant de toucher aux outils. Un logiciel qu'on met à jour sans avoir compris comment les gens travaillent produit une conformité de façade et une frustration durable.

Le Ségur n'est pas un projet informatique. C'est un projet d'organisation qui passe par un logiciel.

Avant de mettre un système à jour, il faut déjà savoir ce qu'on en attend.

Piloter le Ségur plutôt que le subir

Si votre établissement approche d'une échéance Ségur et que vous n'êtes pas certain de piloter le sujet plutôt que de le subir, c'est exactement le type de mission que je conduis. Trente minutes suffisent pour faire le point sur votre situation.

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Gabriel Simon

Gabriel Simon

Fondateur AcquiPage

J'aide les dirigeants de PME et institutions à structurer leur organisation, financer leurs projets et exploiter le numérique pour développer leur activité.