Le chantier public à 100 000 € qu'on peut décrocher sans appel d'offres
Vous avez déjà laissé passer un marché public. Pas parce que vous ne saviez pas faire le chantier. Parce que le dossier vous a découragé d'avance.


Vous avez déjà laissé passer un marché public. Pas parce que vous ne saviez pas faire le chantier. Parce que le dossier vous a découragé d'avance.
C'est ce que j'entends le plus souvent quand je parle de commande publique avec des patrons du BTP ici. Le travail, ils l'ont dans les mains. C'est la paperasse qui les arrête. Alors ils laissent les marchés publics aux « gros », ceux qui ont un bureau d'études et quelqu'un dont c'est le métier de remplir des mémoires techniques.
Ils passent à côté. Et depuis cette année, ils passent à côté d'encore plus gros.
La porte que presque personne ne regarde
Tout le monde imagine le marché public comme une montagne de procédures. C'est vrai pour les gros montants. Ça ne l'est pas pour les petits — et « petit », en travaux, ça va plus loin qu'on ne croit.
Depuis le décret du 29 décembre 2025, un acheteur public peut confier un marché de travaux jusqu'à 100 000 € HT sans publicité ni mise en concurrence. Pas d'appel d'offres. Pas de plateforme. Pas de mémoire de quarante pages. La collectivité identifie un besoin, et elle consulte directement l'entreprise qu'elle veut. Pour les fournitures et les services, le même principe s'applique jusqu'à 60 000 € HT depuis avril 2026.
Cent mille euros de travaux. Une toiture, de la menuiserie, une réhabilitation. Sans appel d'offres. Le genre de chantier qu'une entreprise de cinq personnes fait très bien — et qu'elle peut décrocher par un simple coup de fil de la mairie.
Ce qui décide vraiment, à ce niveau
Voici le point que la plupart des patrons ne voient pas. Quand il n'y a pas d'appel d'offres, il n'y a pas de note, pas de classement, pas de « moins-disant » qui gagne mécaniquement. L'acheteur choisit qui il consulte. La question n'est donc plus « comment je remplis le dossier ». C'est « comment je deviens l'entreprise qu'on appelle ».
Et ça, ce n'est pas une affaire de prix. C'est une affaire de confiance.
En ayant géré la partie opérationnelle d'une PME de BTP en Guyane, j'ai vu ce mécanisme de près. Un donneur d'ordre public a horreur d'une seule chose : le chantier qui dérape, le retard qu'il devra justifier, l'entreprise qu'il faut relancer. S'il a sous la main une boîte qui livre dans les délais, qui répond au téléphone, qui rend une facture propre — il y revient. Encore, et encore. La fiabilité, à ce niveau, vaut plus que le devis le plus bas.
Autrement dit : le marché public de proximité ne se gagne pas dans le dossier. Il se gagne dans l'exécution du chantier d'avant.
Pourquoi les petites entreprises passent à côté
Trois raisons, et aucune n'est le talent.
La première, c'est la croyance que « c'est trop compliqué pour nous ». On l'a vu : pour les petits montants, c'est faux. La procédure lourde, c'est pour les gros marchés, pas pour la toiture de l'école.
La deuxième, c'est l'invisibilité. L'acheteur ne consulte que les entreprises qu'il connaît. Si la collectivité ne sait pas que vous existez, que vous êtes fiable et disponible, elle ne vous appellera jamais — même si vous êtes le meilleur du secteur. Se faire connaître des services techniques, des mairies, des maîtres d'œuvre, ce n'est pas du réseautage mondain : c'est la condition d'entrée.
La troisième, c'est le désordre interne. Une entreprise qui gère ses chantiers de tête, sans suivi, finit toujours par prendre un retard qui abîme sa réputation. Et une réputation abîmée auprès d'un donneur d'ordre public, ça ferme la porte pour longtemps. La fiabilité qui gagne les marchés ne s'improvise pas le jour du chantier — elle vient de l'organisation qu'il y a derrière.
Une attention, quand même
Deux règles à connaître avant de foncer. La collectivité ne peut pas vous réserver tous ses marchés sous prétexte qu'elle vous apprécie : au-delà d'un certain volume, elle doit faire jouer la concurrence, et « découper » artificiellement un gros besoin en petites tranches pour rester sous les seuils est interdit. Et même sans appel d'offres, l'acheteur doit pouvoir justifier son choix. Donc votre atout n'est pas d'être un copain. C'est d'être le choix que personne ne pourra lui reprocher : fiable, disponible, propre dans ses papiers.
L'ordre des choses
La plupart des patrons croient que décrocher du marché public commence par apprendre à monter un dossier. En réalité, ça commence bien avant : par être une entreprise qu'un donneur d'ordre a envie de rappeler.
Avant de gagner un marché public, il faut déjà être quelqu'un qu'on ose appeler.
Décrocher et bien livrer des marchés publics
Si décrocher — et surtout bien livrer — des marchés publics est un enjeu chez vous, c'est exactement le genre d'organisation que je mets en place : un suivi de chantier et une gestion assez carrés pour que la collectivité vous rappelle. Réservons trente minutes pour en parler.
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Gabriel Simon
Fondateur AcquiPage
J'aide les dirigeants de PME et institutions à structurer leur organisation, financer leurs projets et exploiter le numérique pour développer leur activité.